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Les droits médicaux et les femmes : Medicamentum s’interroge !

Apolline Bel

2 min read
Marcus O’Leary
Photographie de Marcus O’Leary

En cette Journée internationale des droits de la femme Medicamentum se penche sur les droits médicaux des femmes, et ce depuis aussi longtemps que les femmes occupent la Terre.

Le droit médical, c’est-à-dire ?

Il est facile de penser que le droit médical n’est rien d’autre que l’accès aux services de santé et pourtant ce terme est en fait bien plus vaste ! Effectivement le droit médical c’est autant obtenir un traitement santé, qu’être informé.e sur les maladies, détenir une couverture de santé mais également bénéficier d’un traitement et d’un suivi adéquat. Vous vous doutez bien qu’en matière de droits médicaux comme tout autre droit les stéréotypes ont malheureusement la peau dure. D’abord parce que le corps de la femme a historiquement été sous-considéré par rapport à celui de nos homologues masculins puis parce que cette mentalité a eu et a toujours des conséquences sur le traitement des maladies. Historiquement le corps masculin et le corps féminin n’ont pas été mis sur le même pieds d’égalité ; l’homme était considéré comme ayant un corps en bonne santé alors que le corps des femmes était estimé maladif. D’ailleurs Catherine Vidal et Muriel Salle expliquent dans leur livre Femmes et Santé, encore une affaire d’hommes qu’à l’époque Antique le corps féminin était caractérisé comme celui d’un homme manqué car dérivé du corps masculin. C’est dans cet état d’esprit que les années ont passées et qu’aujourd’hui certains clivages apparaissent quant au droit médical : certaines maladies vues comme « maladies d’hommes » sont alors sous-diagnostiquées chez les femmes.

L’épopée du droit médical pour les femmes

En matière de droits médicaux mesdames nous revenons de loin ! Au Moyen-Âge les maladies nerveuses étaient le bon prétexte pour expliquer des douleurs particulières voire plus généralement les maladies des femmes ; il est bien connu que les nerfs des femmes sont plus fragiles et sensibles que ceux de nos homologuent masculins … Ce n’est qu’à l’époque des Lumières que le corps des femmes devient un réel sujet d’études pour les scientifiques. Pour la première fois le corps féminin est perçu comme un corps reproducteur. De nouveaux métiers tel celui de « médecins accoucheurs » et de sages-femmes apparaissent alors.

La maternité, au cœur des droits médicaux féminins

Le droit médical et la maternité telles les montagnes russes sont le fruit de divers rebondissements. La mortalité en couche fut la première remise en question de la condition de la femme lors de l’accouchement. La femme n’a-t-elle pas le droit d’accéder à de meilleures conditions de soins ? Soins veillant à la fois à la mère qu’à l’enfant, le tout encadré par des équipes de professionnels de santé. Pendant un temps le clivage entre campagne et ville fut important pour les femmes lors de leur.s accouchement.s : d'une part celles qui mettaient au monde dans un hôpital et d'autre part celles qui accouchaient à domicile accompagnées du médecin du village. Pour nous, français.e.s, cette situation peut paraître révolue et pourtant nombreux sont les pays où cette inégalité persiste.

Au fil du temps des mouvements et initiatives voient le jour en faveur de la lutte pour l’accès des femmes aux droits médicaux. « La Maternité heureuse » cela vous dit-il quelque chose ? Sûrement pas, et pourtant ce n’est rien d’autre que l’ancêtre du Mouvement Français pour le Planning Familial que chacun.e connait, au moins de nom. D'ailleurs qu’importe le nom, le mouvement reste le même : celui de lutter pour le droit à la contraception et à l’avortement. Contraception autorisée en 1971 suite à la Loi de Neuwirth. Arrive ensuite la question de l’Interruption Volontaire de Grossesse sur la table des droits médicaux féminins, avec notamment le « Manifeste des 343 salopes » signé par de nombreuses personnalités déclarant avoir eu recours à l’avortement et souhaitant l’avortement libre. Ce n’est qu’en janvier 1975 que la Loi Veil est promulguée, autorisant ainsi l’IVG. Puis en septembre 1982 l’avortement devient remboursé par la Sécurité Sociale.

En plus des remises en cause concernant l’IVG c’est aussi des violences obstétricales dont il est question actuellement en France. Récemment mises en lumière via les réseaux sociaux les violences obstétricales posent plus globalement la question de la médicalisation des accouchements. D’ailleurs certaines femmes se penchent vers des alternatives en se tournant vers des maisons de santé ou bien l’accouchement à la maison.

Quelle est la représentation féminine dans le secteur médical ?

Historiquement les femmes exerçaient dans quasiment toutes les spécialités médicales, c’est au 4e siècle que ces dernières se retrouvent limitées à la pratique de la gynécologie d’où le terme « sage-femme ». Dans les années 1980, aux États-Unis, l’idée de repenser la médecine et la recherche surgissent. Suite à cette première initiative américaine l’Organisation Mondiale de la Santé créée en 1995 le département du Genre et santé de la femme. L’objectif étant d’approfondir et ce, à l'échelle internationale, la place des femmes dans le secteur médical. À taille française le Centre National de la Recherche Scientifique lance en 2001 une mission pour promouvoir les femmes dans les sciences. Ce n’est qu’en 2013 que l’INSERM travaille sur les inégalités de genre avec pour mission de rétablir l’égalité entre les femmes et les hommes concernant le secteur médical. Rappelons-nous que certaines femmes étaient exclues d’essais cliniques pour des maladies considérées comme masculines, ce qui en plus de fausser les chiffres était complètement contraire au droit médical.